Drame de la réforme territoriale : des milliers de réfugiés lorrains fuient l’Alsace

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DRAME – Des milliers de réfugiés lorrains fuient actuellement l’Alsace après l’annonce de la création d’une collectivité territoriale autonome alsacienne.

Le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé ce samedi que près de 25.000 lorrains ont fui l’Alsace à pied, par les routes, en traversant les Vosges.

Les tensions sont vives actuellement entre les partisans de la réforme territoriale voulue par le gouvernement et les opposants au projet. L’ONU a fait part de sa grande préoccupation après avoir reçu des informations selon lesquelles des milices alsaciennes bloquaient les routes et se livraient à des actes d’intimidation envers des civils tentant de fuir par le Col de Donon, en direction de la Lorraine.

La majorité des réfugiés sont des femmes, des enfants et des personnes âgées vivant en Alsace depuis plusieurs années. « Nous avons établi un camp provisoire à Raon-sur-Plaine à la limite des Vosges, du Bas-Rhin et de la Meurthe-et-Moselle. » nous explique Sabine Paturel, porte-parole du HCR lors d’un point presse. « Les réfugiés ont expliqué à nos équipes que les milices pro-alsaciennes bloquaient les routes principales menant à Strasbourg. Certains ont du quitter leur maison dans la précipitation en n’emportant que quelques affaires dans l’urgence.»

Par précaution, des cliniques mobiles ont été positionnées aux points d’entrée de la vallée du Donon entre Grandfontaine et Raon-sur-Plaine pour fournir des soins d’urgence à l’arrivée des réfugiés. « Ils arrivent dans un très mauvais état de santé, certains avec les pieds ensanglantés » nous confie Sabine Paturel.

L’Est de la France a sombré

Françoise Saunevile est arrivée dans la nuit au camp de Grandfontaine. A 39 ans, cette jeune retraitée de la fonction publique a quitté son domicile situé à Schirmeck dans la nuit du vendredi à samedi. Prise en charge avec ses enfants par les équipes du HCR, elle est désemparée. « L’Est de la France a complètement sombré » déplore-t-elle, en larmes. « Mon mari a rejoint les rebelles lorrains dans le massif des Vosges. Je n’ai plus de nouvelles de lui depuis une semaine. Je suis très inquiète. »

Pour Colette Gaillard, 85 ans, tout est fini. « Ce ne sera plus jamais comme avant avec les Alsaciens. Je vis là-bas depuis toute petite. Mes parents habitaient Nancy et ils s’étaient installés à Strasbourg pour ouvrir une boulangerie. Je suis vraiment effrayée par ce que j’ai vu. »

La situation n’est pas prête de se calmer. Mardi dernier, Manuel Valls a accepté la proposition de nouvelle carte composée de quinze régions, votée par la commission spéciale du Sénat, en reconnaissant la création d’une collectivité territoriale autonome en Alsace.

Hugo Scheinnegen, jeune alsacien ayant rejoint le rang des combattants autonomistes est content de cette décision. « Nous ce qu’on voulait, c’est fusionner avec nous-mêmes. Et on a réussi »  exprime-t-il fièrement, en brandissant un drapeau rouge et blanc, aux couleurs de l’Alsace.

Des alliances, une contagion possible du conflit à l’ensemble du territoire

Les experts craignent une contagion du conflit après que le Sénat ait assoupli les conditions du droit d’option permettant à un département de s’unir avec une autre région. Ce mécanisme prévu par le code des collectivités territoriales autorise un département à quitter sa région administrative pour s’associer à un autre département limitrophe. Le territoire de Belfort a déjà annoncé son intention de rejoindre l’Alsace, tandis que l’Aisne envisage de rejoindre les rangs des troupes du LCA (Lorraine-Champagne-Ardenne).

François Hollande a fait part de sa vive inquiétude. « Je suis inquiet » a-t-il confié. Une réunion spéciale se tiendra sur le sujet au siège de l’ONU en début de semaine prochaine.

La Rédaction.

Crédit photo : @ HCR

A lire également sur le même sujet : « Un alsacien s’oppose à la réforme territoriale et entame la construction d’un mur entre les régions Alsace et Lorraine »

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