Violences à l’encontre des « Laurène » en Alsace : une association tire la sonnette d’alarme

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ALSACE – L’Association des Laurène d’Alsace (ALA) tire la sonnette d’alarme face aux graves difficultés rencontrées par les alsaciennes portant le prénom « Laurène ». Insultes, brimades, discriminations : l’association dresse un constat alarmant des violences physiques et verbales faites à ces femmes. Enquête.

Elles sont 8.212 « Laurène » en France, dont 681 en Alsace. Réunies en association depuis 2013, les Laurène d’Alsace sont en colère. Depuis presque deux ans, l’association et son équipe de bénévoles multiplient les appels solennels à la mobilisation pour une prise de conscience générale face à un phénomène qui met en péril la vie de ces femmes. « De plus en plus d’alsaciennes portant le prénom Laurène sont victimes d’injures et d’intimidations. Certaines ont même fait l’objet d’agressions physiques. Ces femmes sont choquées, voire traumatisées » nous confie Laurène Belscheim, présidente de l’association.

Face à ces violences, les Laurène d’Alsace se sont réunies en collectif dans l’espoir que « leur cause soit entendue », déclare Laurène Schmittinger, une bénévole. « Il faut une prise de conscience collective pour faire cesser ces violences. Ce phénomène ne doit plus être banalisé. On en a marre d’être traitées de quiches à longueur de journée ! »

Des faits de violence en hausse, la peur des représailles

Les statistiques tenues par l’association donnent le vertige : 239 plaintes ont été déposées pour injures et insultes en 2014. Un chiffre en hausse de 67% par rapport à l’an dernier. En réalité, moins de 10% des Laurène victimes d’insultes déposent plainte. Les violences verbales perpétrées contre elles sont difficiles à quantifier précisément, notamment parce qu’elles sont peu signalées. « Elles ont peur des représailles. Les plaintes constatées par l’association sont donc très minoritaires » précise Laurène Schaff, une autre bénévole. La part des Laurène de 18 à 75 ans vivant en Alsace se déclarant victimes de violences physiques a progressé de 23% depuis 2013. En novembre 2014, une habitante de Colmar a même été assassinée par son conjoint, ce dernier ne supportant plus son prénom « anti-alsacien » (voir notre article du 09/11/2014). L’association précise également que l’actualité récente autour de la fusion des régions est un facteur d’aggravation des violences faites aux Laurène en Alsace.

Le projet de réforme territoriale qui cristallise les violences 

« La souffrance des Laurène alsaciennes est réelle même si elle ne laisse pas de traces visibles. Le projet de réforme territoriale n’a fait qu’aggraver les choses » regrette Laurène Offstadt, trésorière de l’association. « De nombreux alsaciens sont opposés au rapprochement des régions Alsace, Lorraine et Champagne-Ardenne. Nous sommes devenues, un peu malgré nous, des cibles faciles pour certains opposants extrémistes associant notre prénom à la région éponyme. »

L’Association des Laurène d’Alsace interpelle donc les pouvoirs publics régionaux afin que ce phénomène ne soit plus banalisé. Laurène Belscheim, président de l’association, précise qu’une campagne de sensibilisation devrait être lancée d’ici la fin du mois de janvier avec pour slogan « Touche pas à ma Laurène ». « Avec cette campagne, nous souhaitons faire de 2015 l’année des Laurène en Alsace. »

La Rédaction

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