Retour de vacances en Lorraine : une vague de suicides sans précédent chez les habitants

Share Button




DRAME – Depuis la fin du mois d’août en Lorraine, près d’une centaine de personnes se sont donné la mort et plusieurs milliers de nouveaux cas de dépressions sévères ont été déclarés auprès des établissements hospitaliers. Les victimes n’auraient pas supporté leur retour de vacances dans leur région d’origine, la Lorraine. 

17.562 victimes sont concernées depuis le 15 août 2016 : 102 se sont suicidé, 342 ont tenté de le faire, et 17.118 Lorrains ont subi un épisode de dépression sévère ou ont été en arrêt maladie. Comment le bilan peut-il être aussi lourd après le retour de vacances d’une majorité de Lorrains partis en vacances cet été ?

Muriel Nguyen, Préfet de la Meuse, interrogée mardi sur ce point, a évoqué « un sentiment de tristesse et de ruralité, le tout sous un ciel gris et pluvieux » comme autant de symptômes dont souffriraient les Lorrains à leur retour de vacances. « Dans une région comme la nôtre, et en particulier la Meuse, partir ailleurs est ressenti comme une délivrance et revenir est une vraie souffrance pour de nombreux habitants. »

J’avais déjà la boule au ventre, je voulais en finir


Jean-Michel P. a tenté de se donner la mort vendredi dernier. Ce verdunois de 52 ans était parti quelques jours à la Grande-Motte avec son épouse et ses deux enfants. Il n’a pas supporté son retour en Lorraine. « On a passé un séjour magnifique sur les plages du Sud avec ma femme » confie-t-il, ému aux larmes. « La veille du retour à Verdun, j’avais déjà une boule au ventre. Quand nous sommes rentrés à la maison, je n’ai pas supporté de revoir la campagne, les vaches… la Meuse quoi. J’ai couru dans la salle de bain et j’ai avalé la totalité des pilules contraceptives de ma femme, je voulais en finir« . Hospitalisé d’urgence, Jean-Michel s’en est sorti grâce à l’intervention rapide des voisins.

Ce mal-être, ils sont plusieurs milliers à en avoir été victimes depuis la fin de l’été. Pour une majorité d’habitants, les vacances en dehors de la Lorraine sont associées à un sentiment de liberté et de bonheur. Et le retour à la dure réalité lorraine est dévastateur : perte d’appétit, insomnies, tristesse, anxiété… autant de troubles annonçant les prémices d’une dépression sévère.

S’éloigner régulièrement de l’Est de la France afin de décompresser

Pour le Professeur Eric Schaff, chercheur en psychologie à l’université de Bar-le-Duc et auteur de « La Meuse, l’endroit parfait pour attendre la mort », il est possible d’éviter ce syndrome dépressif post-vacances. « L’idéal est de partir plus souvent en dehors de la Lorraine sur des périodes plus courtes » explique-t-il « afin de s’éloigner de la région et trouver ailleurs ce qu’on ne trouve pas dans l’Est de la France« . Ce spécialiste conseille également d’éviter la rupture brutale du retour en Lorraine. « En revenant du Sud, je conseille à tous les Lorrains de faire une halte dans une autre région avant de regagner leur domicile, afin de décompresser. Pourquoi pas l’Alsace par exemple. »

Une partie du Grand-Est, notamment les Vosges et la Meuse, a été placée dans la journée en vigilance rouge par les services de l’Etat en raison du fort risque de suicides, une décision prise « à titre de précaution » dans l’attente d’un retour à la normale.

 

La Rédaction

 

 Crédits photo : © hdwallpapersrocks.com

Share Button

Comments

comments

Leave a Reply