Charlotte, 22 ans : « la première fois que j’ai vu le loup, c’était dans les Vosges. »

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TEMOIGNAGE – Elles sont nombreuses à avoir vu le loup, dans les Vosges, sans oser en parler. Charlotte, étudiante en marketing de 22 ans, a accepté de rompre le silence pour nous livrer son témoignage.

Vendredi, 15 heures. Charlotte nous emmène en forêt vosgienne, dans le bois de Stosswihr, à l’est de la réserve naturelle du Frankenthal-Missheimle, à l’endroit précis où, trois ans plus tôt, elle raconte avoir vu le loup pour la première fois. Nous sommes à quelques kilomètres du domaine skiable de La Bresse, dans la partie alsacienne du massif des Vosges. Sur le sentier de randonnée, en cette fin de mois de mars, l’air est encore frais, quelques névés parsèment le sol. « J’aime ces endroits à l’écart de tout, où la lumière pénètre à travers les touffes humides de cette nature encore vierge » nous confie-t-elle.

C’est ici, que part une belle journée ensoleillée du mois de mai 2012, Charlotte a vu le loup pour la première fois. « J’étais avec mon petit ami, et nous descendions le chemin vers le col de Falimont. Au sol, nous sommes tombés sur des empreintes. Intriguée, je me suis penchée. Et là, à ma grande surprise, le loup est arrivé par l’arrière sans prévenir. Cela a été un choc pour moi. Une grande peur suivie d’une légère douleur. J’étais sonnée. Au bout de quelques minutes, mon ami m’a prise vigoureusement dans ses bras et nous nous sommes enfuis à travers la forêt pour rejoindre notre véhicule. En sécurité dans la voiture, mon ami m’a rapidement expliqué ce qui s’était passé : j’avais vu le loup. Et il avait une longue queue. »

De retour à la maison, Charlotte se terre dans le silence. « Pendant plusieurs mois, j’en ai parlé à personne. Ni à mes parents, ni à mes meilleures amies. C’était peut-être la crainte du regard des autres, la peur d’être jugée. »

Trois années plus tard, le temps a laissé place aux souvenirs. En continuant notre promenade à ses côtés, l’étudiante en marketing de 22 ans est pensive en se remémorant l’épisode de sa première rencontre avec le canidé. « A l’époque, j’appréhendais la rencontre avec le loup. A 19 ans, à l’abri des regards en forêt vosgienne, çà pouvait arriver à tout moment !»

Mais aujourd’hui, Charlotte n’a plus peur. Elle est même totalement épanouie. « Le fait d’avoir vu le loup m’a aidé à devenir une femme. J’en garde un très bon souvenir et si c’était à refaire, je ne changerai rien. » Nostalgique, la jeune femme revient souvent à l’endroit de sa première expérience pour tenter de l’apercevoir. « Je me ballade régulièrement dans le même secteur, en espérant le revoir. Mais tous les experts sont formels : dans les Vosges, le loup, on ne le voit qu’une fois. Je croise les doigts quand même !»

La Rédaction

Crédits photo : womanaroundtown.com © Bigstock

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